La lutte contre l’assimilation n’a rien à voir avec du racisme


Le Rav Shmouel Lifshitz est
l’un des dirigeants de l’organisme
Yad Lea’him


« La question des mariages mixtes n’est pas liée aux arabes, c’est un phénomène qui inquiète toutes les mères juives aux quatre coins du monde. Derrière les statistiques effrayantes de l’assimilation se cachent des visages, de la souffrance et des larmes. Ce fléau sévit également en Israël mais certains préfèrent taire le sujet. Le Rav Shmouel Lifshitz envoie un signal de détresse : « Il est ici question d’un mécanisme d’autodestruction du peuple juif ».

Le « madad hadémokratia », l’indice de la démocratie en Israël pour l’année 2015 a provoqué un véritable tollé en dévoilant que 37% de la population juive israélienne soutient les organismes qui œuvrent pour la prévention de l’assimilation. Ce chiffre, pourtant supérieur à un tiers de la population, reste très faible et ne reflète pas la véritable réalité. Les sondages réalisés ces dernières années ont montré que 70% de la population s’oppose aux mariages mixtes, les définissant comme « une menace existentielle pour le peuple juif ». Les personnes interrogées ont déclaré avoir d’ores et déjà œuvré activement pour empêcher l’union d’un membre de leur famille avec un arabe.

La formulation des questions a un bien entendu un poids décisif. Les sondages de l’institut Gutman utilisés par l’institut israélien pour la démocratie ont noyé, pour une raison quelconque, le problème de l’assimilation dans une série de questions sur les relations avec les arabes et l’ont transformé en sujet politico-nationaliste.

Malgré cela, les données sont convaincantes : 37% sont parvenus à entendre la véritable question : être ou ne pas être ?

Le problème de l’assimilation n’est pas lié en particulier aux arabes. C’est un problème de fond qui taraude toutes les mères juives aux quatre coins du monde. Question existentielle de base, question d’une mère, question somme toute d’un peuple tout entier qui court désespérément après sa survie et sa pérennité. Il s’interroge : « Comment faire pour continuer à exister ? »

Le taux d’assimilation est inquiétant, ce n’est pas un secret. Tout celui qui jette un œil sur les chiffres comprendra qu’ils témoignent de la disparition de milliers de nos frères chaque année. Selon les dires du président de l’Agence Juice, Nathan Sharansky, 500 juifs s’assimilent dans le monde chaque jour ! Faites vous-même le calcul, cela fait plus de 180 000 par an. Qui peut rester indifférent ?

On peut désapprouver, il n’empêche que tout être doué de raison admettra que le niveau est critique et qu’il est impossible de continuer à se voiler la face. Une réponse juive appropriée est requise, une réponse large, profonde et efficace. Une réponse que peut être seuls le peuple juif et sa sagesse peuvent trouver pour endiguer ce phénomène grave et  inquiétant. Si l’on ne s’y attelle pas, nous nous retrouverons avec en main le mode d’emploi de l’autodestruction du peuple juif. Le phénomène d’assimilation a disparu du discours public en Israël. Ne rien entendre, mais aussi ne pas en parler en faisant comme si de rien n’était car certains préfèrent que le sujet soit passé sous silence. Le fait que le fléau de l’assimilation soit arrivé en force en Israël n’est pas agréable. Autrefois, il semblait que nous étions protégés mais aujourd’hui, voici que la réalité nous gifle de plein fouet.

Selon les chiffres du Ministère de l’intérieur, en 2008 déjà 92 612 couples mixtes vivaient en Israël et 118 511 enfants grandissaient dans des familles mixtes. 69 502 d’entre eux ne sont pas juifs, selon la loi juive. Les chiffres que nous avons-nous-mêmes réunis, au sein de l’organisme Yad Lea’him,  lancent l’alerte sur une accentuation du phénomène.

Les statistiques ne sont pas que des chiffres. Les chiffres ont un visage, une souffrance, des larmes. Lorsque nous recevons l’appel d’une mère éplorée dont la fille se trouve dans un village arabe, nous ne pouvons rester bras croisés face à sa perte, face à celle de sa famille, face à la fragilité de la continuité de notre peuple. Postés à l’avant-garde de la lutte contre ce phénomène, nous recevons une dizaine d’appels par jour, traitant tous de l’assimilation sous ses diverses formes.

Tout celui qui souhaite regarder la vérité en face comprendra que malgré le déni et malgré les discussions autour de questions si importantes qu’elles soient, la question de l’assimilation demeure un problème fondamental : Etre ou ne pas être !

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