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Une recherche généalogique a permis, 14 ans après son décès, de découvrir que l’archevêque de New York était juif

Une recherche généalogique a permis, 14 ans après son décès, de découvrir que l’archevêque de New York était juif

Cette histoire étonnante a fait le bonheur d’une famille. La nièce du cardinal O’Connor, à l’origine de cette découverte, déplore que son oncle n’ait pas appris cette nouvelle de son vivant.  Pour Yad Lea’him, « il est très important de restituer à chaque individu son identité dérobée, ou perdue »

Les médias tant américains qu’israéliens ont à l’unanimité souligné le caractère sans histoires du cardinal John Joseph O’Connor en poste à New York pendant 16 ans. Ses actions pour le bien commun y compris en faveur du peuple juif et d’Israël étaient généreuses. Toutefois, voilà deux mois, 14 années après son décès, une histoire personnelle tragique a soudain fait surface. Il s’est en effet avéré qu’O’Connor était un juif issu d’un mariage mixte qui n’a toute sa vie durant jamais rien su de sa véritable identité.

Le cardinal O’Connor était plein de sympathie pour le peuple juif, comme il l’a montré lors de sa visite au camp de concentration de Dachau, en tant qu’officier de la marine américaine juste après la libération. Sa famille a déploré le fait qu’il n’ait pas appris cette surprenante nouvelle de son vivant.
Le président de la ligue Anti-Diffamation, Avraham (Abe) Foxman a, dans une interview donnée à CBS, décrit cet homme comme « un véritable ami des juifs » et a ajouté « qu’il se comportait envers le peuple juif comme un frère. Un véritable frère finalement, sans même le savoir »

Cette découverte inattendue est advenue alors que la nièce du cardinal, la fille de sa sœur, s’est mise à la recherche des tombes de ses ancêtres ayant vécu il y a un siècle aux Etats Unis, dans l’état du Connecticut.

«Elle s’est aperçue que des caractères hébraïques figuraient sur plusieurs des pierres tombales. En les déchiffrant, elle s’est rendue compte que le nom de jeune fille de sa mère n’était non pas Gumple mais Gumpel. En outre, elle a eu la surprise de découvrir d’autre tombes, celles de « Gustav Gumpel »  et de « Tina Ruban épouse de Gustav Gumpel ». 

Ces pierres tombales se trouvent dans le cimetière juif de Firefield dans le Connecticut. Ce dernier appartient à la synagogue Bridgeport Bné Israël. De nos jours, on enterre des non juifs dans ce cimetière mais selon les responsables de la communauté, en 1914 à l’époque du décès de Gustav Gumpel et de son épouse, ce n’était pas le cas.

D’autres indices quant à l’identité religieuse des grands parents ont été découverts dans les archives de la communauté Bné Israël. Il s’est avéré que Gustav Gumpel était diplômé de la Rabbanout d’Allemagne et y avait travaillé comme boucher. D’après les documents, sa femme aurait quitté Manhattan pour l’y rejoindre dans les années 1890.

Selon toute apparence, Tina Gumpel a été la seconde épouse du Rav. Elle l’a aidé à élever ses 4 enfants nés de sa première union et a elle-même mis au monde 5 descendants. Elle est décédée environ 10 ans après être arrivée des Etats Unis, âgée d’une trentaine d’années. Sa plus jeune fille, née en 1887 et déclarée sous le nom de Deborah, a été élevée par ses deux demi-sœurs.

Deborah a été enregistrée comme Dora lors du recensement de 1900, puis comme Dorothy Gomple lorsqu’elle s’est convertie et a été baptisée en 1908. Elle s’est ensuite établie à Philadelphie où elle s’est mariée un an plus tard à l’église locale avec Thomas O’Connor, peintre décorateur de profession.

Apparemment, Deborah ne fut pas la seule de la famille à renier sa foi. L’avis de décès publié en 1915 suggérait que trois de ses sœurs s’étaient également converties au christianisme. Selon les paroles de la nièce, tous les enfants savaient que leur mère n'était pas née catholique et qu’elle s’était convertie avant de se marier, mais ils avaient toujours cru qu’en raison de ses racines allemandes, elle était d’origine protestante.

Mary O’Connor-Ward, qui vit à Ridley Park, en Pennsylvanie a raconté au New York Times qu’elle avait commencé à explorer les racines familiales grâce à un abonnement offert par sa fille à Ancestry.com, un site qui offre la possibilité d’effectuer des recherches généalogiques en ligne.

La mère et la fille avaient organisé un voyage en Irlande et voulaient en savoir plus sur leurs ancêtres avant leur départ. « C’est comme cela que tout a commencé » rapporte Mary O’Connor-Ward, « J’ai pu commencer un arbre généalogique du côté paternel mais du côté de ma mère, les informations étaient très difficile à trouver. En interrogeant le moteur de recherche, ma fille a finalement découvert que la famille de ma mère était enterrée dans un cimetière juif du Connecticut ».

Mary O’Connor-Ward a fait le voyage jusqu’au cimetière du Connecticut accompagnée de deux religieuses qui connaissaient bien le Cardinal. Elles se sont mises à chercher les tombes. Elles ont trouvé celle de Tina près de l’entrée et plus loin celle du Rav Gumpel qui portait en épitaphe le verset suivant (Job 1 ; 1) : « Intègre et droit, craignant Dieu et évitant le mal ». A ses côtés reposent quatre de ses fils.

« Je ne saurai jamais pourquoi ma mère a décidé d’abandonner sa foi juive » raconte Mary, « mais ses descendants sont fiers de leur judéité et de cette nouvelle perspective qui s’est ouverte à eux. Il est évident pour moi que si mon frère avait su cela de son vivant, il en aurait été lui aussi très heureux ».

L’organisme Yad Lea’him, qui possède des listes de noms d’enfants juifs qui ont été cachés en Hollande durant la Shoah et avec qui le contact a été perdu, a réagi en ces mots. « C’est une obligation morale que de rendre à un homme sa véritable identité lorsque celle-ci lui a été dérobée à son insu. Ce cas renforce encore le devoir qui nous incombe de dévoiler aux enfants qui grandissent dans l’ignorance de leurs origines la vérité sur leurs familles et sur leur vie ».

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